Extraction des
huiles essentielles
Comment obtient-on des huiles essentielles ?
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Pour obtenir des huiles essentielles à partir des extraits aromatiques, plusieurs procédés sont utilisés, suivant la plante et l'utilisation prévue de l'extrait.
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Loin des utilisations séculaires décrites par les Égyptiens dans l'embaumement des momies plusieurs siècles avant notre ère, l'utilisation des essences a été perfectionnée en même temps que la chimie moderne. Le terme "aromathérapie" a été inventé par un ingénieur-chimiste lyonnais René-Maurice Gattefossé en 1928. Déjà à cette époque, le débat entre les partisans d'une pharmacopée classique et les adeptes de produits naturels battait son plein.
Par expression ou pression à froid
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Utilisé principalement pour les agrumes (citrons, oranges, pamplemousses, bergamote...), ce procédé consiste à broyer complètement les fruits à l'aide d'une machine, pour briser les « poches à essence » afin d'en recueillir l'extrait aromatique. Cette méthode simple est malheureusement la plus limité. Dans ce cas, l'extrait recueilli se nomme « essence aromatique » et non pas « huile essentielle », car il n'y a eu aucune modification chimue due à un solvant ou à la vapeur d'eau.
Par distillation à la vapeur d'eau
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C'est la méthode la plus utilisée, connue depuis la plus haute Antiquité, car la plus adéquate pour obtenir les huiles essentielles les plus pures. Ce procédé, inventé par les Arabes et perfectionné beaucoup plus tard par les Grassois, utilise la vapeur d'eau pour entraîner les substances aromatiques.
Les plantes ou parties de la plante (fleurs, graines, écorce, feuilles, branches...) sont placées dans un alambic puis, chauffées avec de l'eau, de la vapeur ou les deux. La vapeur d'eau passe à travers le tissu végétal et, sous l'action de la chaleur intense, les petites poches contenant l'essence de la plante explosent et l'essence est entraînée par la vapeur d'eau.
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Le procédé, relativement récent, appelé «distillation par entraînement à la vapeur d'eau» apporte une amélioration certaine de la qualité des produits obtenus en minimisant les altérations hydrolytiques (particulièrement des esters) liées au procédé traditionnel de distillation; l'installation comporte une chaudière à vapeur séparée de l'alambic.
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Ces vapeurs chargées d'essences sont canalisées dans un condensateur et refroidies, afin qu'elles se liquéfient à nouveau. A la sortie du serpentin réfrigérant (à circulation d'eau froide) dans lequel se sont condensées les vapeurs, l'eau distillée et l'essence (plus légère que l'eau), devenue huile essentielle, se séparent dans un essencier ou « séparateur florentin ».
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Ce changement d'appellation d'« essence aromatique » en « huile essentielle » est utilisé par certains aromathérapeutes pour expliquer les modifications physico-chimiques que subit l'essence aromatique sous l'action de l'oxygène, de l'eau, de la vapeur d'eau et de la température lors de la distillation. Lors de cette opération, les molécules aromatiques de l'essence subissent diverses modifications (oxydations, hydrolyses, restructurations) minimes dans certains cas et importantes dans d'autres.
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Néanmoins, il n'est considéré dans cette opération que l'action « matérielle » des éléments physiques et non pas l'aspect « énergétique » inhérent à une transmutation des extraits aromatiques...
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L'eau distillée recueillie est appelée « hydrolat » ou « eau florale », dans le cas de distillation de fleurs.
Par ce procédé, les huiles essentielles contiennent exclusivement des essences aromatiques, sans aucun corps gras, contrairement aux huiles végétales. Ce qui fait qu'elles ne tachent pas un papier en séchant (astuce pour bien les choisir).
Les substances aromatiques et volatiles des huiles sont composées de différentes molécules (hydrocarbures, dont des terpènes et des molécules oxygénées). Solubles dans l'huile et l'alcool, ces produits ne le sont pas dans l'eau.
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Les plantes sauvages de montagne ont une odeur et une activité biologique extraordinaires dues, pour certaines, à leur forte teneur en esters aromatiques dont la synthèse est favorisée par l'altitude, l'ensoleillement et la sécheresse, ou encore par la symbiose avec d'autres plantes sauvages du biotope. Ensuite, la distillation demande de grandes précautions: le choix de l'alambic, en inox de préférence; la conduite de la chauffe, sous basse pression 0,05 bar; la durée de la distillation: longue ou prolongée, elle permet de recueillir l'ensemble des fractions «de tête» et «de queue»; l'emploi d'une eau de source peu ou pas calcaire.
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L'huile essentielle doit être :
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• 100% naturelle, c'est-à -dire non dénaturée, avec des molécules d'hémisynthèse ou de synthèse totale, des agents émulsifiants chimiques (Tween 60, Span 60), des huiles minérales, etc. (allergie et toxicité);
• 100% pure, c'est-à -dire exempte d'autres H.E. proches, d'huiles végétales, d'alcool, de térébenthine, etc.;
• 100% intégrale, i.e. non amputée, non décolorée, non déterpénée, non rectifiée, non suroxydée, non peroxydée, etc.
Le processus d'extraction par effleurage est réservé aux huiles essentielles de très grande qualité, mais est de moins en moins utilisé car très complexe.
A chaud
On fait fondre un corps gras à la vapeur à l’aide d’une bassine à double paroi. Ensuite, on jette les fleurs dans celui-ci liquéfie a 60, 70 degrés. La durée d’absorption de l’essence peut varier suivant la nature des plantes utilisées. Il faut ensuite brasser le tout afin que la masse s’imprègne uniformément au parfum. On ajoute de nouvelles quantité de plantes fraîche jusqu’à obtenir l’arôme désire.
Pour parfaire l’homogénéité du mélange, on utilise une presse hydraulique ou on projette un jet d’eau chaude sur les résidus des plantes pour permettre leur dissolution. Il suffira ensuite de séparer l’eau du liquide gras par différences de densité. L’alcool pur servira de dissolvant pour extraire l’essence par agitation de la solution. On peut également se servir d’huiles végétales grasses.
A froid
Dans ce processus, on utilise aussi un corps gras, mais ce processus diffère totalement du précédent. Les pétales fraîchement cueillis sont étalés sur de la graisse, sur un châssis de verre et remplacées toutes les 24 heures. Les essences aromatiques saturant progressivement la graisse, le composé obtenu, appelé "pommade". est lavé avec de l'alcool qui, après évaporation, restitue l'huile essentielle attendue. L'essence obtenue par ce procédé à froid est en fait l'expression naturelle du parfum de la fleur qu'elle exhale lentement.
Rendement
Le rendement obtenu pour l'extraction des huiles essentielles, est très variable, en fonction des espèces.
Quelques chiffres significatifs, de quantités nécessaires pour obtenir 1 kg d'huile essentielle :
- 7Â kg de boutons floraux de clou de girofle (Eugenia caryophyllus)- 50Â kg de lavandin (Lavendula reydovan)
- 150Â kg de lavande vraie (Lavandula augustifolia)
- 1 tonne d'immortelle (Helichrysum italicum)
- 1 tonne de verveine (Verbena officinalis)
- 3,3 tonnes de violette (Viola)
- 4 tonnes de pétales de Rose de Damas (Rosa damascena)
- 5 à 10 tonnes de mélisse citronelle vraie (Melissa officinalis)
Ce faible rendement explique le prix de revient élevé de certaines huiles essentielles et la tentation de falsification en ajoutant des essences issues de molécules de synthèse.
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